Artiste-professeur invité
2026 - 2027
Camille De Toledo
Né en 1975 à Lyon (France)
VERS UNE INTERNATIONALE DES RIVIÈRES
Récit d'un parcours, d'un chemin entre les arts et les langages...
Camille de Toledo est né en 1975. Il vit à Berlin depuis une quinzaine d'années. Écrivain, théoricien, artiste, chercheur, il est difficile de ranger sa pratique dans un cadre. Il étudie l'histoire, puis le droit et la littérature. Il poursuit ses études à Londres. En 2004, il obtient la bourse de la Villa Médicis pour son travail vidéo et littéraire. En 2008, il fonde la Société européenne des auteurs, une institution proposant d'adopter « la traduction comme langue ». À partir de 2012-2013 - et son départ pour Berlin - il travaille à des formes étendues d'écriture. Ce sera l'opéra-vidéo, « La Chute de Fukuyama », en 2013, avec l'orchestre Philharmonique de Radio France et, en 2015-2016, à Leipzig, au Centre d'Art de la Halle 14-Spinnerei, le cycle de « L'Exposition potentielle », « History Reloaded », « Europa - Eutopia » et « Capitalist Melancholia ». Son travail au cours des vingt dernières années a porté sur les mémoires, les spectres, le vertige, la traduction, et la traduction notamment des formes de vie naturelles. Il est devenu, au fil des années, l'une des principales figures en Europe de la lutte pour donner des droits aux entités naturelles avec des projets tels que « le parlement de Loire » (2019-2021), et « Vers une internationale des rivières ». Finaliste du prix Goncourt en 2021, lauréat du prix Franz Hessel pour Thésée, sa vie nouvelle, il est nommé en 2022 chercheur associé à l'Institut d'études avancées de Nantes où il propose d'œuvrer à un récit transformateur -- un art de la « loi à venir ». En 2025--2026, il est aussi artiste associé au théâtre Vidy-Lausanne, à l'occasion de l'adaptation de Thésée, sa vie nouvelle, par la comédienne Valérie Dréville et le metteur en scène Guy Cassiers. Avec le projet de « l'internationale des rivières », Toledo aura la charge d'une des plateformes structurantes de la capitale européenne de la culture, à Bourges et dans toute la région Centre, en 2028. C'est dans ce contexte qu'il portera le récit de deux grandes expositions, Changer de monde et Le corps d'une rivière, ainsi qu'une coopération avec le FRAC Orléans,sur les « architectures vivantes ». Il travaillera pour ce faire, notamment, avec la Haute école des arts du Rhin (HEAR) et le Fresnoy, en tant qu'artiste et professeur invité. C'est là qu'il composera l'une des pièces pour Le corps d'une rivière, en lien avec l'artiste et scénographe belge Esther Denis...
Quelques mots du récit et de la plateforme de « l'internationale des rivières »...
Lancée en 2022, l'internationale des rivières est un projet artistique et de recherche relié aux rivières, et à l'hydrosphère dans son ensemble. Il vise à mettre les moyens de l'art et du récit au service des communautés humaines qui cherchent à repenser leurs écosystèmes non comme des ressources mais comme des entités vivantes.
Sur plusieurs continents, l'internationale des rivières accompagne un mouvement croissant visant à reconnaître des droits - et la personnalité juridique - à des formes et processus naturels autres qu'humains.
Dans le grand récit de Bourges 2028 - Capitale européenne de la culture, l'internationale des rivières déploiera une narration à trois "branches" :
1/ La branche des « lois à venir » : des ateliers dans les territoires, des discussions avec l'Assemblée nationale, l'accompagnement d'une initiative citoyenne européenne en faveur des droits de la nature... et, en 2028, des « assemblées-banquets » adossées à des festivals dans toute la région Centre Val-de-Loire.
2/ La branche des expositions : en concevant, aux côtés d'institutions et de partenaires de la région Centre-Val de Loire, des "récits en œuvres" pour expérimenter ce changement de monde « avec les droits de la nature » (CCCOD, Château de Tours, FRAC Centre-Val de Loire...)
3/ La branche des récits associés, en soutenant des projets culturels dans les territoires et en Europe : notamment, la transeuropéenne de « Batolabo » jusqu'au Danube, ou le projet Rivers beyond borders (avec le Goethe Institut et le Käthe Hamburger Kolleg -- CURE) ...
Quelques mots de Camille de Toledo sur l'installation à laquelle il travaillera au Fresnoy dans l'année à venir...
Appelons cette œuvre à venir, à concevoir : Hydromonde, une installation qui prendra place aux côtés des propositions de Carole Marchais, Camille de Chenay, Gabriela Carneiro da Cunha, et Abdessemed Al Montassir au CCCOD, en 2028. Le titre est encore au travail. Disons qu'il s'agit de présenter une autre vision du planisphère. Ce que nous nommons « Terre » ou « Erde » ou « Adamah » en Hébreu, est la nommé. Nous insistons sur la part solide, comme si l'histoire du déluge nous hantait encore. Mais à suivre les travaux du cartographe hongrois, Robert Szucs, qui montre l'espace de la Terre sous l'angle des « bassins versants », ce que nous apercevons, c'est une tout autre version. Veines d'un organisme, diverses branches du système nerveux d'un corps, ramifications vivantes d'une plante... la Terre est sculptée par l'eau, par les fleuves et leurs affluents. C'est cette vision à laquelle nous souhaitons donner forme.