Artiste-professeur invité
2026 - 2027
Ali Kazma
Né en 1971 à Istambul (Turquie)
Né à Istanbul en 1971, Ali Kazma est un artiste multimédia spécialisé dans les arts visuels, en particulier la vidéo. Il vit et travaille à Paris.
Sa pratique s'articule autour de l'activité humaine, perçue à la fois comme sujet et comme matériau. Il examine la façon dont les individus transforment la matière, l'espace et le temps par le biais du travail, et comment ces processus relèvent de structures sociales, économiques, scientifiques et éthiques plus vastes.
Son travail repose sur une observation minutieuse des gestes, des outils, des corps et des rythmes. L'artiste s'immerge dans des lieux de production --- usines, ateliers, laboratoires, blocs opératoires, salles de répétition --- où la concentration, les connaissances et les compétences humaines façonnent la réalité. Qu'il filme une aciérie, un abattoir, un neurochirurgien, voire un maître horloger assemblant une pendule du xix^e^ siècle, il s'attache à la relation entre la précision visible d'une action et les systèmes invisibles de savoir et de discipline qui la sous-tendent.
L'approche de Kazma allie proximité et distance. S'il recherche un engagement visuel intime avec ses sujets, il conserve toutefois une certaine objectivité qui permet à la complexité de chaque situation de se faire jour sans dramatisation. Il est attiré par les moments d'attention, d'aptitude et de maîtrise de soi. Dans ses films, le travail apparaît comme un champ de tensions où coexistent contrôle et vulnérabilité, répétition et transformation, tradition et modernisation. Chaque œuvre s'échafaude selon un cadrage, une durée et un montage minutieux, permettant au rythme propre à chaque activité de décider de la structure du film.
Les expositions d'Ali Kazma prennent le plus souvent la forme d'installations composées de multiples projections, d'écrans, de photographies, d'objets et de caissons lumineux. Il se fixe ainsi pour objectif de faire vivre au public une expérience de visionnage dynamique. Ce dialogue constant entre les œuvres et le public offre un espace idoine à la pensée créatrice.
À travers des séries au long cours telles que Obstructions et Resistance, ainsi que des explorations récentes dans le domaine de l'écriture, de la littérature et des livres, le plasticien élabore une archive en perpétuelle évolution consacrée aux gestes et aux savoir-faire humains. Chaque œuvre nourrit une réflexion plus ample sur l'organisation sociale et la valeur accordée à l'activité humaine. Kazma se montre attentif aux effets de la modernisation et à l'accélération des transformations technologiques, qui plus est dans des contextes en pleine mutation, tout en abordant des questions brûlantes liées au travail, à la connaissance et à la construction du sens dans nos sociétés contemporaines.
En cadrant et en montant avec soin ces moments d'action et de pensée humaines, l'artiste entend ouvrir un espace de réflexion esthétique et éthique qui invite les spectateurs à revisiter les structures, les énergies et les engagements inhérents aux actes quotidiens de production et de création.
En 2023, Ali Kazma représente la Turquie à la 55^e^ Biennale de Venise. Parmi ses autres expositions personnelles, citons celles organisées par le Museo Franz Mayer (Mexico, 2026), l'Istanbul Modern (2025), The Image Center (Toronto, 2025), le Nouveau Musée National de Monaco (2023), le MUNTREF (Buenos Aires, 2018), le Jeu de Paume (Paris, 2017), Arter (Istanbul, 2015) et le Hirshhorn Museum (Washington, 2010).
Les expositions collectives et les biennales comprennent la Fondation Cartier pour l'art contemporain (Paris, 2026), la Maison européenne de la photographie (Paris, 2024), la Lenbachhaus (Munich, 2024), le MAXXI (Rome, 2016), le Musée d'art contemporain de Lyon (Lyon, 2013), la 30^e^ Biennale de São Paulo (2012), la Biennale de Lyon (2007), la Biennale d'Istanbul (2001, 2007, 2011), le Muzeum Sztuki (Łódź, 2012), l'Istanbul Modern (2011), le Museum Kunstpalast (Düsseldorf, 2010) et le New Museum (New York, 2010).
Il s'est vu décerner le prix UNESCO pour la promotion des arts en 2001 et le prix Nam June Paik en 2010. Ses œuvres font partie de nombreuses collections institutionnelles, dont celles du MoMA (New York), de la Tate Modern (Londres), du CNAP (Paris), de l'Istanbul Modern, de la MEP (Paris), du Nouveau Musée National de Monaco, du MONA (Tasmanie), du Muzeum Sztuki (Łódź), de la Fondation Cartier (Paris), de TBA21 (Madrid) et de la Fondation VKV (Istanbul).
Lors de sa résidence au Fresnoy, Ali Kazma a l'intention de réaliser une nouvelle vidéo multicanal et, le cas échéant, des photographies qui viendront enrichir ses recherches sur la manière dont nous modelons notre cadre de vie via le travail, la créativité, l'artisanat et la technologie.