Fictions du climat | Conférence
jeu. 5 mars 2026
14h15 > 17h30

Justine Emard, Hyperphantasia / Des origines de l’image, installation, 2022, production Le Fresnoy – Studio national
Gratuit
Salle Cocteau
14h15 – 15h45
Temps de restitution des ateliers de la matinée et analyse par Camille Pène (co-fondatrice du collectif Les Augures)
15h45 – 16h Pause
16h – 17h30
Table ronde : Réenchanter le futur : potentialités et limites des fictions climatiques
Artistes intervenantes : Justine Emard, Mélia Roger et Ysé Sorel
Modératrice : Nathalie Poisson-Cogez (Historienne de l’art, Responsable de la recherche, ESAD Dunkerque/Tourcoing)
Justine Emard
Vit et travaille à Paris.
Ses œuvres explorent les nouvelles relations qui s’instaurent entre nos existences et la technologie.
En associant les différents médiums de l’image – de la photographie à la vidéo et la réalité virtuelle -, elle situe son travail au croisement entre les neurosciences, les objets, la vie organique et l’intelligence artificielle. Ses dispositifs prennent pour point de départ des expériences de Deep-Learning (apprentissage profond) et de dialogue entre l’humain et la machine.
Son travail a été exposé dans des musées tels que le NRW Forum (Düsseldorf), le National Museum of Singapore, le Moscow Museum of Modern Art, l’institut Itaú Cultural (São Paulo), la Cinémathèque Québécoise (Montréal), le Irish Museum of Modern Art (Dublin), le Mori Art Museum (Tokyo), le MOT Museum of Contemporary Art Tokyo, Barbican Center (Londres), le World Museum (Liverpool), la Fondation Pernod Ricard (Paris), le Jeu de Paume (Paris), le Cnes – Centre national d’études spatiales (Paris), le Louvre (Lens), le Grand Palais Immersif (Paris) et le ZKM, Centre d’Art et Medias (Karlsruhe). Elle participe à des Biennales internationales comme la Biennale internationale d’Art Contemporain de Moscou (Russie), la Triennale de Tongyong (Corée du Sud), la Biennale de Karachi (Pakistan) et la Biennale de Chengdu (Chine).
Elle est lauréate de la résidence Hors-les-murs de l’Institut Français en 2017 à Tokyo. En 2020, elle est en résidence au ZKM, Centre d’Art et des Médias Karlsruhe, et elle est lauréate de la commande nationale photographique “IMAGE 3.0” du Centre national des arts plastiques (CNAP) en partenariat avec le Jeu de Paume à Paris. En 2021-22 puis en 2023-2024, elle est artiste-professeure invitée au Fresnoy, Studio national des arts contemporains.
En 2023, elle est lauréate de la distinction « 100 femmes de culture » en France.
Justine Emard est directrice artistique de l’exposition permanente du Pavillon de la France à l’exposition universelle d’Osaka en 2025.
En 2026, elle sera en résidence à la Villa Albertine, entre Boston et New York, pour un projet en collaboration avec le Massachusetts Institute of Technology (MIT).
Ses œuvres font partie de plusieurs collections nationales et internationales.
Mélia Roger
Mélia Roger, née en 1996 en France, est une artiste et ingénieure du son. Impliquée sur le terrain, elle partage son temps entre des sonothèques immersives pour des films en Atmos et un rapport plus intime et expérimental à la prise de son. Passionnée d’éthologie et de pistage, elle dédie ses écoutes aux entités non-humaines et aux rapports empathiques avec les vivants. Après un parcours technique à l’ENS Louis-Lumière, puis en transdisciplinarité à la ZHdK, elle est aujourd’hui au Fresnoy – Studio national des arts contemporains pour commencer un doctorat (recherche / création) avec l’université de Lille, se concentrant sur les relations entre arts sonores et écologie acoustique. Son travail a été récompensé par Phonurgia Nova Awards (2021) et le Sound of the Year Award (2023), il a également été publié sur les labels Presque Tout, Biodiversità Records et Forms of Minutiae et a été exposé à Paris (France), Genève (Suisse), Zurich (Suisse), Namur (Belgique), Berlin (Allemagne), Serrinha do Alambari (Brésil).
Ysé Sorel
Ysé Sorel se voyage & voyage dans les formes, trouvant dans le mouvement un souffle pour déplacer les lignes. Plus simplement, elle écrit et fait des films.
Après des études en philosophie et en arts de la scène, elle se tourne vers le cinéma. Son travail cherche à représenter les catastrophes, qu’elles soient écologiques, cosmiques, intimes et sociales, en les faisant entrer en résonance. Réactualisant des mythes et des symboliques anciennes, elle crée des contes contemporains pour interroger notre époque à travers une esthétique qu’elle qualifie de « réalisme fantastique. »
Elle a réalisé deux films auto-produits : en 2018, un long-métrage de docu-fiction en Grèce, Nostos Algos (FIFIB, compétition Contrebandes ; prix Jeunes Talents au festival Entrevues de Belfort), et en 2021 La Chambre double, un moyen-métrage de fiction avec Louise Chevillotte et Pia Lagrange (aide après réalisation du CNC ; sélection Arte Kino 2023). Homo Sacer, co-produit avec Le Fresnoy – Studio national des arts contemporains et La Luna, achevé en 2023, est son premier court-métrage.
Ses textes ont été publiés dans des revues telles que Habitante, Marge(s), Trafic, Mouvement, :arts: publics:, Polygone, AOC… Elle écrit sur le travail d’artistes, à leur invitation ou à celle de commissaires d’exposition ou galeristes.
Elle vit et travaille (principalement) à Paris et Roubaix.
Camille Pène
Camille Pène accompagne les organisations afin de répondre aux défis des transitions numérique, sociale et écologique en concevant des dispositifs d’innovation collaborative. Sa passion pour l’avant-garde l’a conduite du monde de l’art contemporain au secteur de l’innovation. Elle a travaillé pour le MoMA, La 27e Région, Paris & Co et Cap Digital, notamment en tant que directrice des festivals d’innovation technologique Futur en Seine et Futur.e.s in Africa.
Les Augures
Créé en 2020, le collectif Les Augures rassemble quatre expertes du monde de l’art, de l’innovation et de l’économie circulaire.
Les Augures sont animés par une vision commune : quels rôles les domaines de la culture et de l’art ont-ils à jouer dans le monde qui vient ?
Relier l’urgence environnementale et les innovations au sein des pratiques culturelles et artistiques nous apparaît comme le grand défi de ce secteur.
L’organisation d’expositions, de foires et de grandes manifestations pluriannuelles et internationales, les transports des œuvres et des personnes, la production des œuvres et des expositions, sont la source de pollutions et d’émission de gaz à effets de serre. Acteur·rice·s culturel·elle·s et artistes commencent à se mobiliser, multipliant des initiatives. Les Augures se proposent de rassembler ces bonnes pratiques et d’encourager les mouvements de solidarité, gage de la résilience du secteur.
Le domaine culturel est mis au défi d’une véritable stratégie sur le climat. Les acteur·rice·s doivent s’emparer de ces questions, mettre en place des programmes ambitieux et anticiper à la fois les attentes du public et les futures contraintes réglementaires et se préparer aux incertitudes du monde qui vient.
Il est plus que temps d’écouter les voix de la jeune génération qui grondent, celles des scientifiques qui alertent, celles des publics et amateurs d’art qui s’interrogent et appellent à la transparence.
Levons les freins à cette transition car se transformer et s’adapter n’est ni une entrave à la liberté de créer, ni la mobilisation de budgets démesurés, mais plutôt l’opportunité de penser des fonctionnements plus efficaces, des organisations plus robustes et de permettre aux artistes d’œuvrer plus durablement.
Il est temps de ne plus seulement traiter les enjeux environnementaux dans les œuvres et la curation des expositions, mais aussi d’intégrer des pratiques responsables, durables et solidaires dans les processus créatifs et professionnels.
Site web: https://lesaugures.com/
